1 Rats et rongeurs nuisibles urbains

 

1.1 Généralités sur les rongeurs

 

Ils constituent 40% des mammifères et occupent tous les habitats de la planète. Ils on une dentition caractérisée par l'absence de canines et d'incisives hypsodontes (a croissance continue). Ils sont ainsi obligé de ronger, même sans avoir faim. Leur rôle dans l'écosystème terrestre consiste en la dégradation des déchets, ou surplus, produits par la végétation et les autres êtres vivants.

Ils sont classés en plusieurs familles: les muridés et plus spécialement la sous famille des muridés, qui regroupe les seuls rats et souris.

Tout ce qui est comestible et odorants les attire irrésistiblement, que ce soit des stocks de grains, ou ce que nous appelons des ordures. Leur taux de reproduction augmente d'ailleurs proportionnellement à la nourriture disponible, alors qu'en toute logique, il décline quand elle manque.

 

Dans la nature, leur population est régulée par plusieurs prédateurs : rapaces, mustélidés, serpents, félidés, canidés.....dont la population augmente, ou se réduit, elle aussi, corollairement à celle des rongeurs. En ville, sauf exceptions rarissimes (quelques faucons crécelles et pèlerins qui nichent dans des beffrois ou clochers et des busards aperçus parfois en milieu suburbain),  l'unique prédateur des murinés est l'homme, anecdotiquement assisté des chats et chiens ratiers.

 

Les rats et souris sont les seuls rongeurs "commensaux", c'est a dire qu'ils vivent aux dépends des hommes, sans vraiment leur nuire. C'est du moins ce que disaient il y a fort longtemps les romains, mais il est avéré par l'histoire que rats et souris sont devenus nuisibles, notamment les rats en tant que vecteurs des épidémies de peste.

De nos jours, dans nos cités, magasins, silos et usines, les principaux méfaits dus aux rongeurs urbains ne sont pas vraiment la dégradation de nourriture, mais plutôt les dégâts causés aux installations éléctriques.

Heureusement, d'un côté, que les murinés passent 60 à 75% de la journée dans leur nid ou terrier. Ils n'en sortent que pour manger, boire ou ronger, ou parce qu'ils ont été délogés.

 

 

1.2 Les principaux rongeurs urbains et suburbains



Lériot ou Eliomys quercinus

1.2.1 Lériot (Eliomys quercinus)

- Il est considéré comme semi commensal

- Il n'est pas un muriné, mais un gliridé.

- Il s'apprivoise, ce qui indique des capacités cognitives proches des murinés.

- Il n'aime pas la ville mais s'aventure à sa périphérie, en lisière de la campagne.

- Il a un masque noir autour des yeux.

- Il mesure 15 cm et sa queue est plus courte que son corps.

- Il pèse entre 60 et 120 grammes.

- Il vit entre 3 et 4 ans.

- La femelle a une portée par an de 2 à 7 petits.

- Il est arboricole, il fréquente les haies et broussailles et apprécie l'abri chaleureux des granges et des sous-toits isolés avec de la laine de verre.

- Il est omnivore, mais il préfère les insectes, molusques et larves (la texture des fèces est alors filandreuse, proches de celles du hérisson).

- Il Hiberne.

- Il n'est pas vraiment nuisible et a le statut d'animal protégé dans certaines régions. Tout juste peut il nuire à notre sommeil, lors de ses bruyantes agapes nocturnes sur les poutrelles soutenant un plafond. Il semble que l'abus des pesticides et la diminution de ses habitats soient à l'origine de sa régression.

 

 

 

Mulot ou Apodemus sylvaticus

1.2.2 Le Mulot (Apodemus sylvaticus)

-C'est la souris sauteuse

-Un peu plu gros que la souris, avec arrière train plus fort et une queue plus longue que le corps (mais autonomie caudale fréquente)

-Ses ore2illes sont plus développées

- Il mesure de 7 a 15 cm

-Il pèse de 20 à 35 grammes

-Il vit de 2 à 4 ans

-La femelle à 3 portées par an de 4 à 9 petits

- Il fréquente les haies, les lisières de forêt, les jardins, abris, garages....;

-Ils sont rarissime à l'intérieur de nos logements, ou il fait trop chaud pour lui.

-Il est omnivore avec une préférence pour les insectes, larves, escargots, graines, baies, jeunes posses....(texture des fèces filandreuse, si alimentation constituée essentiellement d'insectes)

 

 


 Souris (Mus Musculus)

1.2.3  Souris (Mus Musculus)

 

- Elle est parfaitement adaptée à la vie dans nos habitations. Elle se trouve aussi à l'extèrieur dans les régions chaudes du midi.

- Elle mesure entre 5 et 10 centimètres.

- Sa queue est plus longue que son corps. Une souris à queue courte est présente dans le midi méditérranéen.

- Elle vit entre 1 et 3 ans.

- Elle a entre 5 et 15 portées par an de 5 a 15 petits. 

- Elle est une excellente grimpeuse.

- Son domaine vital est réduit en 3 dimensions ( sol, parois et plafond), parcouru erratiquement.

- sa présence s'entend la nuit par des bruits et grignotements et se voit dans la journée par des crottes de la taille d'un grain de riz, répendues dans la zone d'activité.

- Elle fait des nids de chiffons, papiers etc....au sec.

- Elle est omnivore à tendance granivore.

- Elle pèle les grains.

- Elle a peu besoin en eau, donc urine très odorante.

- Elle résiste mieux que le rat au coumatétralyl ( anticoagulant couramment utilisé en dératisation)

 

 

Rat noir

1.2.4 Rats noirs (Rattus rattus )

 

- Tous les rats ayant la queue plus longue que le corps et de grandes oreilles.

- leur corps fait de 15 a 20 centimètres.

- Il pèse de 200 à 250 grammes.

- Il a de 3 à 10 portées par an, de 3 à 10 petits.

- Ils vivent de 1 à 3 ans.

- Ils sont omnivores a tendance frugivore et granivore.

- Ils font des nids au sec et hors sol.

- Ce sont des excellent grimpeurs (arboricoles).

- Ils affections les endroits secs et chauds.

- Ils défèquent de 10 à 30 fèces par jour (selon alimentation).

- Le R. rattus, généralement entièrement noir, originaire d'Asie, s'adapte fort bien au milieu urbains et suburbains et ne peut vivre que dans les locaux sous les climats frais.

-Le R. Alexandrinus et R. Frugivorus ont le pelage généralement gris et roux, et le ventre blanc ou gris.*

- Ils sont méditerranéens.. Ils restent plutôt cantonnés à la campagne et ses habitations dans le sud de l'europe et autour de la méditerranée.

 

 

 

1.2.5  Surmulot (Rattus Norvegicus)

 

- C'est le plus commun des rongeurs commensaux.

- Il est originaire d'Asie. Il est présent dans l'est de la France depuis le IV° Siècle.

- Sa queue est plus petite que son corps. Il a de petites oreilles.

- Son corps mesure de 20 à 30 centimètres.

- Il pèse de 250 à 350 grammes.

- Il a de 3 à 10 portées par an (et jusqu'à 12 !) de 3 à 10 petits (et jusqu'à 12)

- Il vit de 1 à 3 ans.

- Il est omnivore à tendance carnivore.

- Il creuse des terriers, ou aménage des nids là ou il ne peut pas creuser.

- Affectionne les endroits frais et humides.

- Il est parfaitement adapté au biotope urbain et particulièrement à celui de l'égout.

- Il boit beaucoup : 10% de son poids par jour.

- Il urine 15 à 20 ml/jour (urine peu odorante).

- Defèque 15 à 40 fèces par jour (selon alimentation).

- Sa mâchoire exerce une pression de 500 kg/cm²

- Ses incisives hypsodontes se taillent naturellement en biseau (comme un ciseau à bois), du fait des duretés différentes de l'émail de la dentine.

- Il les met en oeuvre 5 fois par seconde quand il ronge.

- Il saute 2 mètres de longueur, et 6à centimètres en hauteur.

- Il creuse couramment jusqu'à 40/50 centimètres de profondeur (exeptionnellement bien plus, s'il est guidé par le murd'une fosse)

- Il court aussi vite que Carl lewis (1à secondes au 100 mètres)

- Il peut nager jusqu'à 72 heures

- Il peut rester en apné 4 minutes ( et d'avantage si sa vie en dépend)

- Il peut passer dans des ouvertures de 12 millimètres

- Il perçoit des odeurs à plusieurs kilomètres.

- Il s'adapte à des conditions extrèmes. Les surmulots d'Alaska qui résistent à un froid intense ne pèse que 200 grammes, au lieu de 300 grammes pour leurs cousins des régions tempérées, et ne se reproduise qu'en été.

 

 

1.3 A propos des murinés (rats et souris)

 

1.3.1 Anatomie

Le squelette du Surmulot montre :

- Une forme "ramassée", prête à détaler

- Des membres courts, faciles à mettre en action, donc une aptitude certaine à la course.

- Des pattes arrière typiques d'une démarche plantigrade. Pour manger, les murinés préfèrent en effet tenir leur nourriture entre leurs pattes avant.

- Une longue queue par laquelle est évacuée la transpiration.

Son crâne montre :

- Une forme mettant en évidence l'utilisation principale des incisives et de l'odorat

- L'absence de canines

- Un espace dépourvu de dents, le diastème, auquel correspondent des bajoues extensibles, qui permettent aux murinés de transporter beaucoup de nourriture, pour en faire des réserves, ou nourrie les petits au terrier ou au nid.

 

 

1.3.2  Biologie

 

La vie des rongeurs est conditionnée par la nourriture disponible (ressources trophiques) et les possibilités de nidification. Ils se reproduisent ainsi en plus grand nombre et plus souvent en pèriode d'abondance et périclitent lors des épisodes de carence alimentaire. Ils prospèrent logiquement davantage dans un milieu quasiment dépourvu de prédateurs, comme en ville.

La fécondité des murinés est ainsi comprise entre 3 à 10 générations par an et des portées de 3 à 10 petits, chiffres qui peuvent exceptionnellement monter 12 petits, 12 fois par an.

 

1.3.3  Métabolisme, alimentation

 

Le métabolisme conditionnant es performances physiques, un rat vieux et malade a un métabolisme supérieur à celui d'un champion olympique de décathlon. La souris est 4 fois plus active que le rat. Un rat consomme 10% de son poids par jour et métabolise jusqu'à 80% de ce qu'il a ingéré. La moyenne consommée par individu, entre les jeunes et les adultes, est de :

- 25 g/jour pour le surmulot

- 20 g/jour pour le rat noir

- 2,5 g/jour pour la souris et le mulot

 

Comme pour tous les mamifères, la nature et la qualité de l'alimentation influent sur le nombre journalier des fèces, qui peut monter exceptionnellement à quarante par jour pour le surmulot.

 

Généralement, les rats et souris defèquent une ou deux crottes, ou fèces, par heure d'éveil. Il s'agit d'un élément important pour le dératiseur, qui peut en dénombrant les crottes fraiches, approcher une évaluation du nombre d'individus vivants présents sur une zone infestée. Beaucoup de crottes, mais toutes sèches, indiquent qu'il y a bien eut des rongeurs, peut être pas en nombre, mais qu'ils ne sont plus là. Seules celles s'écrasant sous une lame de couteau, donc fraiche du jour sont à considérer.

 

Leur gros appétit est le point faible des murinés et c'est donc en les attaquant sur leur terrain de la nourriture que la dératisation a le plus de chances de réussite.

 

Bien qu'omnivores et capables de s'adapter à toutes sortes de situation, la souris est plutôt granivore, les rats noires plutôt granivores et frugivores et le surmulot plutôt carnivore (son régime alimentaire est très proche de celui du chat).

 

Ils font des provisions à l'approche de l'hivers et il est cosourisnstaté des pics d'activité au printemps et à l'automne.

 

Rappelons qu'un muriné passe 60 à 75% de sa journée dans son nid ou terrier, qu'il ne quitte que pour manger, boire, ronger ou fuir.

 

1.3.4   Hygiène

 

Comme tous les mammifères, les rats et souris se toilettent souvent, en utilisant leur langue et leur grande souplesse pour atteindre presque toutes les parties de leur corps. Le toilettage mutuel complète ces pratiques d'hygiène.

 

Ils séparent aussi leurs lieux de vie et leur lieux d'aisance. Les fèces, ou crottes, se trouvent donc sur la zone d'activité, le long des voies, des cheminements et devant les terriers ou nids, mais quasiment pas à l'intèrieur de ceux ci. Donc un dératiseur n'appâtera jamais sur des tapis de crottes, mais à côté.

 

1.3.5  Longévité

 

Elle dépend des conditions de vie et est généralement de moins de 12 mois. Les rats de laboratoire vivent jusqu'à 3 ans.

 

1.3.6 Origines et dissémination

 

Il y a toujours eu des rats, en tous endroits tempérés de la planète. Ceux qui sont commensaux ont, logiquement, proliféré en même temps que les humains. Rattus Alexandrinus et Rattus Frugivorus ont toujours été présent en zone méditéranéenne. Leur cousin asiatiques Rattus Rattus, le rat noir, ou rat des greniers, ou rat des navires, pénètre en Europe dès le IVéme siècle avant JCet prospère le long des voies commerciales terrestres et maritimes, avec une accélération du phénomène au haut moyen âge. Il trouve dans les greniers des villes insalubres de l'époque, un biotope convenant à sa nature frileuse et arboricole : un abri chaud et élevé et des provisions riches en grains et fruits.

 

L'évolution du mode de vie urbain fait qu'au cours du temps, les greniers abritent de moins en moins de nourriture et de plus en plus de vieux chiffons, papiers et mobiliers, ce qui provoque son déclin. Par contre, les égouts qui se généralisent et les déchets de l'alimentation humaine et qui comprennent de plus en plus de viande, attirent Rattus Norvegicus, le surmulot qui est aujourd'hui le muriné commensal urbain le plus commun du monde. Il se trouve sur les berges de rivières et plans d'eau d'Europe depuis des siècles. Il n'a donc pas fait un long voyage vers les villes lorsqu'elles se sont doté d'égouts.

 

Il n'y a en effet jamais eu de guerre entre Rattus Rattus et Rattus Norvégicus, qui ne fréquentent pas les mêmes biotopes et n'ont donc que rarement et exceptionnellement l'occasion de se faire face. D'ailleurs, nombre de dératiseurs expérimentés témoignent de double infestations pacifiques, avec des surmulots dans les caves et les étables et des rats noirs dans les granges et les silos de grains.

 

Le comportement très prudent et craintif des rats en phase d'exploration démontre qu'ils ne sont pas des conquérants belliqueux, mais plutôt des migrants opportunistes. Rendre un site inhospitalier aux rats suffit donc à les éloigner et à provoquerune récession de leurs effectifs. Il s'agit de la première stratégie de dératisation a mettre en oeuvre.

 

1.3.7  Facteurs de prolifération et de régulation des colonies murines

 

Nous avons déjà indiqué que les ressources alimentaires et de nidification conditionnent les limites de la prolifération des rats et souris. Il est d'ailleurs un fait qu'ils ne se sont jamais multipliés au point de présenter une menace réelle pour l'homme ou ses animaux domestiques. Ni au point de ravager complètement une île colonisée. Un peu comme si, instinctivement, ils préservaient ceux dont ils ne peuvent se passer ( les épisodes pesteux sont le fait de puces infectées par la bactérie Yersinia pestis, qui tue d'abord les rats). Comment ce phénomène d'autorégulation s'explique t-il?

- Les femelles repoussent les assiduités des mâles pour espacer la fréquence des portées.

- Les femelles dominantes repoussent les mâles qui s'approchent des jeunes femelles dominées, ce qui incite les jeunes mâles à immigrer.

- Les mères peuvent tuer leurs petits si les ressources alimentaires sont réduites.

 

En phase de migration ( suite à la réduction des ressources vitales comme suite à des travaux qui les éloignent) les rats :

- Ne se reproduisent pas.

- Meurent en plus grand nombre (stress)

 

Ces considérations expliquent, répétons le, que le fait de rendre un endroit inhospitalier pour les rats, suffit à les éloigner, ce qui réduit leur population. Toute modification d'un biotope influe sur le dynamisme d'un taux d'infestation, qui tend toujours vers l'équilibre et la stabilité. Chaque biotope ou milieu a en effet des capacités limitées pour héberger des animaux.

 

Selon les ressources trophiques disponibles, une population murine décimée par un traitement efficace mettra entre 3 et 6 mois pour retrouver son niveau initial. Ce qui signifie que la dératisation est une lutte répétitive, plutôt que permanente.

 

Inutile d'espérer un jour chasser définitivement les rats de notre environnement. Il sont à l'image des troupeaux d'antilopes ou de zèbres qui broutent paisiblement à côté d'une harde de lions, et qui savent instinctivement que la prédation dont ils sont l'objet ne met pas en péril la pérennité de leur espèce. Encore faut-il pour en revenir aux rats, que la prédation humaine, la dératisation, s'accomplisse dans le respect de l'environnement.

 

1.3.8 Physiologie

 

1.3.8.1  La vue

Elle est faible et en niveau de gris et blancs très contrasté. Ce qui permet aux muridés d'être à l'aise dans la pénombre et donc plutôt actif en soirée et la nuit.

 

1.3.8.2 Ouïe

Elle est excellente et très sensible aux ultrasons et infrasons. Les surmulots utilisent aussi une forme d'echolocation pour communiquer dans l'obscurité totale.

 

1.3.8.3  Le Toucher

C'est un sens qui est plutôt réduit. C'est avec le museau et leurs vibrisses (moustaches) que les muridés explorent leur environnement. Ils utilisent aussi le toucher du pelage en rasant les murs lors de leurs déplacements et la sensibilité des coussinets de leurs pattes.

 

1.3.8.4  L'Odorat

C'est le point fort des muridés, qui vivent en fait dans un monde d'odeurs, au sens ou leur perception du monde est essentiellement olfactive. Les vibrisses entourant le museau sont extrèmement sensibles aux moindres mouvements d'air et indiquent avec une grande précision la direction et la distance ou se trouve la source d'odeur perçue. Les rats qui ont des vibrisses très abimées ont d'ailleurs plus de mal que les autres pour s'alimenter et se déplacer.

 

Cet odorat est 10 fois plus sensible que celui du chien, qui est lui même cent fois plus développé que celui des humains. La capacité à différencier les fragrances composant une odeur est manifeste dans la recherche de nourriture dans les détritus : les rats ne se jettent pas sur ce qui se présente en premier et choisissent en fonction de leur odorat, même si cela se trouve au milieu ou au fond d'un container ou d'une poubelle. Ils peuvent aussi trier les éléments d'un repas et éviter des granulés empoisonnés.

 

En outre, l'odorat des rongeurs murinés est doté de fonctions permettant une forme de communication : un individu qui perçoit l'odeur d'un aliment dans l'haleine et le pelage d'un compagnon en bonne santé, est en confiance pour consommer à son tour cet aliment. Et inversement si le compagnon est malade.

 

Notons que certains rongeurs photographiés regardent l'objectif photographique, alors que pourtant ils ne vient pas le photographe. Ainsi, nombre de photographes animaliers soutiennent que si les rongeurs se sentaient en danger il fuiraient. Aussi s'efforcent ils d'être appaisé et rassurants pour les animaux, lors de leurs prises de vue. Effectivement, il semble que tout comme nos chiens, les rats peuvent percevoir le hormones spécifiques de l'état d'âme des humains proches d'eux. Voilà pourquoi un bon dératiseur n'a pas peur des rats, ni ne leur manifeste de l'agressivité. S'il espère que les rats accordent de l'attention aux appâts ou pièges qu'il leur propose, encore faut il qu'ils se sentent en confiance, plutôt qu'en défiance.

 

L'odeur de l'homme ne dérange pas vraiment le rat, puisqu'il vit à ses côtés et à ses dépends. Mais il faut tenir compte du contexte de la dératisation pour ne pas commettre d'impair. Dans un endroit animé et parcouru régulièrement par l'homme, une énième odeur identifiée sur les postes d'appâtage ne stimulera pas leur méfiance. Par contre dans des lieux calmes et rarement fréquentés par l'homme, une nouvelle odeur humaine excitera leur néophobie et ils mettrons du temps à goûter aux appâts.

 

Voilà pourquoi nous conseillons aux dératiseurs d'utiliser des gants en peau, qui sont frottés dessus et dessous sur le sol du site à traiter, ou rangés avec les appâts avant de manipuler les dispositifs de lutte. Et pour être cohérent, il convient d'éviter d'être porteur d'odeurs non naturels : tabac, parfum, alcool, hydrocarbure.....

 

1.3.8.5  Le goût 

Les murinés ne vomissent pas, aussi goûtent ils longuement un aliment inconnu avant de l'avaler. Les rats ont ainsi un véritable côté gourmet puisqu'ils choisissent leur nourriture quand il y a profusion d'aliments.

 

L'insensibilité aux amérisants tels que le BITREX, inclus dans la formulation de certains rodenticides pour des raisons de sécurité, est relative. Bien que les rats supportent les saveurs amères, il n'y a pas de règle et il arrive régulièrement que l'appât avec Bitrex soit ignoré. Il en est de même pour certains appâts à la saveur anisée.

 

Différentes colonies de rats qui se côtoient sur un même site peuvent présenter des goûts et des traits comportementaux spécifiques, car les mères apprennent à leurs petits à choisir certains types d'aliments et à en éviter d'autres, ou a éviter certains objets, comme des pièges ou des boites d'appâtage.

 

Présenter du choix est donc primordial pour réussir une dératisation. Proposer un assortiment de plusieurs appâts rodenticides permet de constater celui ou ceux qui sont préférés. Dans certains cas de concurrence alimentaire sévère, il faut envisager l'amélioration de l'attractivité d'appât du commerce.

 

1.3.9  Ethologie (comportement)

 

1.3.9.1 Capacités cognitives

Elles se manifeste par la méfiance des rats envers tout ce qui est nouveau dans leur environnement. Cette néophobie indique des capacités d'analyse et de réflexion, qui corroborent leurs facultés d'apprentissage, puisqu'ils sont aisément apprivoisables.

 

Dans un milieu calme ou les activités et odeurs humaines sont rares. Les rats mettent en moyenne trois jours pour goûter une nourriture inconnue. Dans un contexte plus animé, comme les trottoirs de la ville ou un centre d'incinération, ils mangeront immédiatement une nouvelle nourriture, pour peu qu'ils là trouve à sont goût.

 

Les rats mémorisent les éléments d'un parcours vers la nourriture et la boisson, afin de pouvoir le faire en retour. D'ou un comportement routinier qui se manifeste par des pistes de cheminement bien visibles. En associant ce qui est vu, entendu, senti et ressenti à un instant donné, les rats mémorisent une situations, afin de la retrouver ou l'éviter à l'avenir. (sens kinesthétique)

 

Ces facultés limitent l'efficacité de certaines technique de dératisation. Notamment le piégeage classique et l'utilisation de poison à action rapide. Les cris de peur et d'affolement d'un rat emprisonné dans une nasse, collé sur de la glu, ou se tordant de douleur sous l'effet d'un poison aigu, stimule les capacités cognitives des autres rats. Ils associent la vue de la nasse, de la plaque de glu ou de l'appât, son odeur, la sensation tactile procurée sous le museau et le pelage, au mal-être du compagnon. Ils ne s'approcheront plus désormais de tout ce qui ressemble à une telle chose et porte cette odeur.

 

Ce sont les mêmes facultés cognitives qui biaisent bien des expériences sur les rats de laboratoire, mais c'est un autre sujet....la souris présente moins de capacité cognitive, bien qu'elle apprenne à éviter des plaques de glu ou des tapettes, car elle est plutôt curieuse de ce qui est nouveau dans son territoire. Pour autant elle ne se jette pas sur n'importe quelle nouvelle nourriture et montre elle aussi une tendance à choisir entre plusieurs repas possibles.

 

1.3.9.2   Communication

 

1.3.9.2.1  Les odeurs et hormones

lls sont inconsciemment produites ou portées (haleine) et servent à l'identification familiale (membre d'une même colonie), la reproduction, l'éducation et des jeunes et l'alimentation.

 

1.3.9.2.2 Les cris et ultrasons

Les rats reconnaissent les cris de douleur, peur, crainte, danger, mécontentement, colère, rassemblement (mère et petites), de plaisir (calin, copulation).

 

Il s'agit de cris en "réaction à" et pas de ris "pour indiquer", puisque les cris incitant au rassemblement sont liés à la crainte.

 

L'écholocation dont nous avons parlé plus haut permet surtout aux mères de retrouver leurs petits dans l'obscurité totale.

 

1.3.9.2.3  L'urine

Elle permet de marquer les limites et piste de cheminement d'un territoire. Elle est fluorescente et une lampe UV permet de la détecter facilement.

 

1.3.9.2.4  Un langage?

Ces formes de communications ne constituent pas un langage et il ne peut donc pas a y voir de connivence entre les rats. En conséquence de quoi, ils ne peuvent pas convenir :

- D'asservir les plus faibles au service des plus forts

- D'envoyer des explorateurs en reconnaissance sur un nouveau territoire.

- De désigner un goûteur pour tester une nouvelle nourriture douteuse.

- D'uriner volontairement sur un aliment jugé mauvais.

 

Il s'agit de conceptions anthropomorphique ou de conclusions issues d'expèriences biaisées et sujettes à caution sur des rats de laboratoire, qui sont invalidées par l'observation des rats sauvages.

 

 

Jamais un dératiseur, n'a vu tous ses appâts empoisonnés marqués par de l'urine, ce qui infirme la théorie de son utilisation consciente comme signal de danger. Des appâts souillés par de l'urine indiquent surtout qu'ils ne sont pas considéré comme de la nourriture et qu'ils ont été qu'ils ont été mal placé par le dératiseur.

 

Par contre, ces éléments de communication sont au service des capacités cognitives de l'espèce. Rappelons que les mères peuvent apprendre à leurs petits à développer des comportements spécifiques : l'aversion à certains appâts ou boites d'appâtage, par exemple.

 

2.3.9.3  Vie sociale

 

Les murinés vivent en colonies qui, généralement regroupent 3 générations et comptent une vingtaine d'individu. Les plus petites en comptent 3, les plus importantes, une centaine. Ce groupe est hiérarchisé sur le critère de la force physique et de la force physique seule. Ce qui conditionne 3 niveaux.

- Les murinés dominants.

- Ceux du second rang.

- Et ceux du dernier rang

- Un quatrième rang ou constitué des rats "indépendant" ou "autonome" qui quitte rapidement la colonie pour migrer ailleurs.

 

Le sexe n'est pas déterminant et de nombreuses observations sur des colonies indiquent des dominations matriarcales, bien que ce soeint des mâles qui s'occupent de la protection des ressources vitales (points de nourriture  et de nidification) contre les intrus. La domination des femelles repousse en effet les jeunes mâles reproducteurs vers les limites de ce domaine vital.

 

Les bagarres fréquentes qui animent la vie des colonie, dites "intéractions agonistiques" servent essentiellement à valider les différents statuts qui ne sont pas figés.

 

La hiérarchisation sociale basée sur la force assure la survie des plus forts et donc de l'espèce. En effet les femelles et mâles les plus forts se reproduisent entre eux et accèdent à la nourriture en premier. Leurs terriers ou nids sont d'ailleurs les plus proches des sources de nourriture. Ceux des individus dominés sont plus éloignés.

 

Cette hiérarchie incite aussi les autonomes, généralement des jeunes mâles, et les plus faibles à migrer et constitue donc le principal moteur de la prolifération murine. Les rats vus en plein jour, alors qu'il n'y a pas de travaux ou d'activité humaines susceptible de déloger les colonies installées, sont généralement des rats de dernier rang, obligés d'affronter le jour et ses dangers pour trouver pitance. En effet, les rats dominants les repoussent des points de nourriture, car comme tous les mammifères, les rats aiment manger en paix. L'exemple le plus représentatif sont les dalles de grands ensembles d'immeubles. Il y a suffisamment à manger dans un container à ordures ménagères, mais il y a de la place que pour 3 ou 4 d'entre eux, des dominants. Qui quittent les lieux une fois nourris et sont remplacés par les dominés, à tour de rôle jusqu'au petit matin, ou les derniers dominés peuvent enfin manger, alors qu'il fait grand jour.

 

Les rats solitaires sont des rats qui ont fuit une colonie, souvent parce qu'ils sont dominants ou dominés et cherchent à s'implanter dans un nouvel espace de vie. Ce sont des rats dits explorateur, qui progressent lentement et très prudemment dans un territoire inconnu. Rappelons que les rats sont en effet des migrants craintifs et certainement pas des colonisateurs agressifs. Là ou les ressources vitales sont abondantes, un rat migrant peut se faire adopter par une colonie voisine, puisqu'il ne remet pas en cause ses dominants.

 

En situation de survie, les rats préservent instinctivement l'espèce en n'éprouvant pas de pitié pour les faibles, qui sont mangés par les plus forts. Les survivants comptent beaucoup plus de femelles que de mâles, ce qui assure un taux de reproduction maximal. Ce modèle social simple, basé sur la force physique seule et la survivance des adultes, montre qu'il n'y a pas d'égo et des sentiments chez les rats. Les rituels de maternité et de toilettage mutuel étant des pratiques courantes chez les mammifères grégaires, en colonie ou meute, il ne nous semble pas pertinent de les considérer chez les rats comme des éléments sentimentaux ou de socialisation.

 

Sur de grands complexes agricoles largement infestées, il est constaté que les colonies présentes n'ont pas de liens génétiques entre elles. Il arrive que des rats indépendants repoussés par les femelles dominantes de leur clan, soient tués par des congénères d'autres colonies qui préservent leur territoire. Une grosse ferme représente en effet un ensemble de ressources vitales limitées. Cela confirme que les niveaux d'infestations se régulent en fonction de ces ressources vitales, sans intervention particulière de prédateurs.

 

Un goûteur, conception anthropomorphique inexacte, est soit un rat dominant affamé qui s'arroge le droit de goûter en premier la nourriture peu appétissante proposé par un dératiseur, soit un rat dominé, toujours affamé, qui se résout à calmer sa faim avec un appât peu avenant, après que ses congénères aient mangé toute la nourriture saine disponible, sans rien lui laisser.

 

Considération importante. La hiérarchie sociale des rats n'est perceptible que sur des sites ou les ressources trophiques sont limités. Là ou la nourriture abonde et ou les possibilité de nidification sont importantes, les comportements agonistiques sont exceptionnels et se résument à de brefs affrontements quand un jeune mâle s'approche trop près de l'entrée d'un terrier qui n'est pas les sien, ou quand un étranger s'approche d'un point de nourriture. C'est par exemple le cas dans des dépôts d'ordures à ciel ouvert (rarissime aujourd'hui) et les nomans'land au bas des bâtiments de prisons.

 

Les souris, 4 fois plus actives que les rats, ne présentent pas aussi nettement une hiérarchisation sociale. Comme chez les rats, ce sont les mâles qui assurent la protection des ressources vitales.

 

1.3.9.4 Domaine vital

 

Chaque colonie vit sur un territoire dont les extrémités sont les sources d'alimentation et de boisson et les points de rongement. Ce qui est loin d'une stratégie de colonisation. Il s'agit en fait d'un espace vital, dont la surface est la plus réduite possible pour limiter les déplacements. Les terriers ou nids se trouvent au centre de cette zone, selon le rang des individus. Les clôtures et divisions parcellaires humaines ne sont pas prise en compte par les rats, mais la présence d'un important mûr en béton ou d'une large rivière, contre lesquels est adossé un terrier, implique un territoire devant et non autour. Les cas de figure sont donc nombreux et aucune vérité absolue ne s'impose.

 

En milieu suburbain, ou alternent constructions, espaces verts et voies d'eau et ou la quantité de nourriture dans les containers à ordures est constante, les colonies de rats embrasent des espaces vitaux de quelques dizaines à 1 ou 2 centaines de m²

 

En fait, ce territoire n'a pas vraiment de frontière puisqu'il est essentiellement constitué de pistes de cheminement marquées par l'urine des individus dominants, qui peuvent côtoyer des pistes d'autres colonies. C'est donc plutôt aux abords immédiat du terrier et des points d'alimentation, marqué par leur urine, que les mâles sont vigilants.

 

Quand plusieurs colonies se côtoient, l'intrusion d'un étranger sur un site d'alimentation ou un nid ou un terrier qui ne sont pas les siens, provoque quelques affrontements ou intimidations, généralement à l'initiative des mâles. Dans les sites largement infestés ou l'on compte plus d'un terrier au m², ces brefs affrontements n'ont lieu que devant les entrées principales de terriers.

 

1.3.9.5  Déplacement

 

Les murinés ne se déplacent q'utile. Moins ils ont de chemin à parcourir, moins ils s'exposent à la prédation. Il vont manger, boire, s'occuper des petits, copuler, dormir, chercher un nouvel emplacement pour u  terrier ou un nid, explorer un nouveau territoire, mais ne se promène jamais.

 

Les rats utilisent systématiquement les mêmes parcours aller/retour pour manger et boire et laissent au bout d'un certain temps une trace bien visible, appelée piste ou voie de cheminement. Les souris se déplacent erratiquement, mais dans un périmètre réduit et bien déterminé. C'est donc une logique de déplacement a minima que le nid ou terrier est aussi proche que possible des points de nourriture et de boisson.

 

Pour le surmulot, professionnels et chercheurs s'accordent sur des distances parcourues allant de 50 à 600 m en extérieur (milieu suburbain et industriel) et de quelques dizaines de mètres à l'intérieur des bâtiments. Pour le rat noir c'est plutôt entre 30 et 100 mètres en extérieur. Mais là encore de vérité absolue il ne peut y avoir et de nombreuses exceptions se présentent, notamment avec des surmulots qui peuvent parcourir 1 kilomètre aller et retour pour se nourrir.

 

Il est remarqué que Rattus rattus, les rat noir, s'écarte très peu de ses pistes d'acheminement, alors que Rattus Norvegicus, le surmulot accepte plus facilement de faire un détour si une odeur appétissante se présente aux environs.

 

Les rats explorateurs découvrent un nouveaux terrier à proximité des colonies mères car, répétons le encore une fois, ils craignent les déplacements. Tous les rats manifestent un comportement explorateur lorsqu'ils sont délogés par des travaux. Et pendant la migration il n'y a pas de reproduction.

 

 

1.3.9.6  Les terriers

 

Les chambres permettent aux rats de se regrouper pour dormir les uns contre les autres, se tenant ainsi mutuellement chaud. Dans les terriers creusés en terre des bouts de papiers, végétaux et tissus garnissent les chambres des petits. La mère et ses petits non sevrés se tiennent dans la première chambre, à l'entrée du terrier.

 

Dans la nature, l'entrée principale est situé au dessus du niveau maximal moyen de l'eau et face au vent dominant. Ce qui met le terrier en légère surpression. Les provisions sont déposé dans les boyaux secondaires bien aérés. Là ou une densité importante du terrier existe, plusieurs terriers peuvent communiquer. Il n'y a donc pas de galerie de fuite ou de promenade dans les terriers de surmulots. Il s'agit de conception anthropomorphique infondées.

 

En milieu urbain, bien que la prise en compte des courants d'air dominants se vérifie parfois, les terriers sont creusés partout là ou les rats se sentent à l'abri et parfois sans sortie secondaire.

 

Là ou ils ne peuvent pas creuser, comme dans le béton, les surmulots nichent parfois dans des angles confortabilisés avec des chiffons et papiers, comme le rat noir. Ils peuvent aussi se tenir groupés sans avoir aménagé quoique ce soit, comme l'indiquent les traces de gras visibles au sol et contre une paroi, en certains endroits abrités et isolés, ou hommes et prédateurs ne circulent pas (caves HLM comdamnées, immeubles vides, égouts....). Dans ces conditions, il n'y a pas de reproduction (impossible de protéger les petits sous les mères).

 

Ils peuvent aussi loger dans un polystyrène, dans la laine de verre d'isolation du plafond, dans l'amiante d'isolation de tuyaux de chauffage (sous sol HLM). En fait le surmulot s'adapte a beaucoup de situations, pour qu'il y ait a manger et boire et se sente en sécurité. Cela confirme ses facultés de rat migratoire, comme il était appelé au début du XXe siècle.

 

Un terrier de surmulot tout récemment creusé se manifeste par un tas de terre qui tiendrait dans un sceau de plage pour enfant.

 

Un terrier qui s'effondre ou est débusqué par un chat ou un chien est abandonné sans état d'âme. Puisqu'ils n'ont pas d'égo, les rats n'ont pas non plus le sens de la propriété.

 

 

1.3.9.7  Les nids

 

Ils sont le fait des rats noirs (Rattus rattus, Rattus alexandrinus, Rattus frigivorus) et des souris (Mus musculus). Ils sont construit au sec, hors sol pour les rats, et aménagés avec des chiffons, papiers, feuillages secs....Ces murinés ont un taux de reproduction infèrieur à celui de Rattus Norvégicus et n'a guère été trouvé de densités de nids aussi important que des terriers.

 

1.3.9.8  Commensalité

 

De ce qui précède, il est logique de conclure que les rats ne sont pas intrèsequement agressifs envers l'homme. N'oublions pas que les murinés sont dépourvus de canines et ne sont donc pas de véritables carnivores. Ceci ne fait pas obstacle à des faits connus et reconnus d'agressions d'hommes, de nourrissons ou d'animaux. Mais il s'agit d'exceptions ou de mauvaises interprétations (les rats s'attaquent plutôt aux faibles), car bien plus nombreux sont les cas de bonne cohabitation avec les hommes et d'autres animaux. D'ailleurs les rats qui sortent des égouts après des orages violents ne sont pas vraiment agressifs avec les passants, surtout qu'il s'agit de rats du dernier rang, dont les terriers sont loin des sources d'alimentation, vers le bas du réseau, donc noyés....

 

Qui veut dératiser cherchera à ne pas affoler les rats et au contraire, cherchera à les séduire pour leur faire accepter les appâts proposés. Ce n'est pas bien difficile en travaillant calmement et sans crainte, car il n'y a aucune raison d'avoir peur des rats qui sont laissés tranquilles. Par contre effrayer des rats pour qu'ils se terrent au fon de leur refuge est une assurance d'échec de la dératisation. Les rats s'écarteront d'appâts ou de pièges qui porte l'odeur de l'homme qui leur a fait peur.

 

Là ou pendant des années les gens et dératiseurs ont effrayé les rats, il faut patienter et devenir doux avec eux une année complète, soit 2 à 4 générations, pour inverser la tendance. Nous avons en effet vu que les mères apprennent des comportements spécifiques à leur petits...

La dératisation

 

La dératisation commence surtout par ne pas attirer les rats. Ils sont attirés et adorent les détrituts. 

Il faut une bonne gestions des ordures. Ramassage des déchets laissés au sol; contenaires en nombre suffisant; collectes régulière; locaux poubelles propres et étanches etc....Dans le cas contraire, il sera possible de faire un traitement "coup de poing" qui neutralisera les rongeurs, mais d'autres reviendront inexorablement.

 

La première méthode de dératisation, et la plus écologique de lutter contre les rongeurs est sûrement la prédation naturelle. A condition bien sûr d'avoir des rapaces diurnes, des renards et des serpents. Les rapaces ne sont pas si rares dans nos villes, du moment qu'ils trouvent un habitat sur les toitures.

 

En milieu urbain, nous pouvons considérer comme nuisible, les rongeurs qui nuisent à notre santé, notre sécurité et éventuellement à notre confort. Cette définition embrasse une telle variété de cas, qu'il convient de la moduler, en rappelant que la ville moderne est un  biotope qui n'a rien de respectueux de l'environnement et que les quelques rongeurs qui s'y sont adaptés ont suivi leur instinct naturel, afin d'accomplir ce pourquoi ils existent. Généralement la dégradation de déchets et surplus. Leur présence s'inscrit donc dans une logique biologique qui ne peut s'ignorer.

 

Il ne faut pas négliger la prédation naturelle en centre ville "historique" ou il est parfois aperçu des faucons crécerelles, et en zone suburbaine, ou sont vus de temps en temps des buses et milans. Il semble intéressant de réfléchir à des aménagements de toiture favorables à la nidification de tels rapaces diurnes. Rappelons que lorsqu'il y a des pics de populations de rongeurs, les rapaces, renards mustélidés et serpents s'en nourrissent exclusivement ! Et ils sont d'une efficacité impressionnante ! 

 

C'est ainsi qu'au début des années 2000, en Alsace, il a été retrouvé des restes de 626 rats, 974 taupes, 2583 musaraignes, 9165 souris, 26800 campagnols, dans les pelotes de réjections d'une seule chouette, et 44 souris fraîchement tuées dans la réserve d'une belette, au fond d'un trou de peuplier.